Rezension über:

Robert W. Sharples: Peripatetic Philosophy, 200 BC to AD 200. An Introduction and Collection of Sources in Translation (= Cambridge Source Books in Post-Hellenistic Philosophy), Cambridge: Cambridge University Press 2010, XIX + 309 S., 5 s/w-Abb., ISBN 978-0-5217-1185-2, GBP 21,99
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Rezension von:
Tiziano Dorandi
Centre J. Pépin, Centre National de la Recherche Scientifique, Villejuif
Redaktionelle Betreuung:
Matthias Haake
Empfohlene Zitierweise:
Tiziano Dorandi: Rezension von: Robert W. Sharples: Peripatetic Philosophy, 200 BC to AD 200. An Introduction and Collection of Sources in Translation, Cambridge: Cambridge University Press 2010, in: sehepunkte 11 (2011), Nr. 6 [15.06.2011], URL: http://www.sehepunkte.de
/2011/06/19557.html


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Robert W. Sharples: Peripatetic Philosophy, 200 BC to AD 200

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Les deux volumes d'A.A. Long et D.N. Sedley, 'The Hellenistic Philosophers' publiés à Cambridge en 1987 sont le modèle incontournable de plusieurs recueils qui présentent un choix de textes anciens (sources), parfois en langue originale, accompagnés d'une traduction et d'un commentaire succinct.

Sharples prend pour modèle les volumes de Long et Sedley (xv), mais il se limite à publier les textes exclusivement en traduction anglaise dans le sillage du recueil de R. Sorabji, 'The Philosophy of the Commentators, 200-600 AD' (London 2004). Ce dernier est à utiliser en tenant compte des remarques de R. Chiaradonna-M. Rashed, 'Before and after the Commentators: an exercise in periodation', OSAP 38 (2010), 251-297.

Sharples se propose d'offrir un aperçu de la philosophie péripatéticienne de 200 av. J.-Chr. à 200 ap. J.-Chr., période mal connue de l'histoire de la philosophie grecque, et dont l'auteur était un spécialiste universellement reconnu. Le volume trouve son inspiration et son origine dans un colloque organisé en 2004 par Sharples et Sorabji à l'Institut for Classical Studies de Londres (voir maintenant R. Sorabji & R. S., 'Greek and Roman Philosophy 100 BC-200 AD', London 2007).

Dans la Préface (vii-xvii), Sharples rend compte des principes qu'il a suivis dans la préparation de ce recueil. Sharples a choisi de parler de philosophie 'Péripatéticienne' au lieu de philosophie 'Aristotélicienne' en raison de l'ambigüité de l'adjectif 'Aristotélicien'; il a décidé de commencer par Critolaus (dont les intérêts portaient sur les doctrines d'Aristote plus que sur ses textes) et d'exclure, à la fin du période choisi, Alexandre d'Aphrodise (en raison de la quantité des ses œuvres et du fait qu'Alexandre avait été déjà pris en compte par Sorabji dans son recueil). A l'intérieur de cette fourchette chronologique, Sharples a introduit trois autres lignes de démarcation (xii-xv): 1) "First, the materials collected here are intended to elucidate the history and development in our period of the Peripatetic tradition [...] They are not intended to shed light on the whole history of the reception of Aristotle in the period" (xii); 2) "Secondly, this collection is structured around the philosophical themes and topics which seem to characterise Peripatetic thought in our period" (xiii); 3) "Thirdly, the emphasis is on discussion of philosophical issues" (xiv).

Les textes ont été classés par thèmes en suivant l'ordre dans lequel les œuvres d'Aristote étaient lues et étudiées dans le milieu des philosophes péripatéticiens qui font l'objet du volume: Logique et ontologie, Éthique et Physique. A l'intérieur de chaque unité, Sharples a opéré d'autres divisions. Ainsi, la section sur la logique et l'ontologie (45-107) se décline en plusieurs chapitres sur les 'lectures' des 'Catégories' et du 'De interpretatione' d'Aristote; l'ontologie, la logique, la théorie de la connaissance. Celle sur l'éthique (109-168) s'ouvre avec une traduction du 'Précis d'étique péripatéticienne' d'Arius Didyme, suivi d'un exposé des doctrines des émotions, de l'oikeisosis, des biens extérieurs et de la félicité. Celle sur la physique (169-275), enfin, aborde les thèmes de la nature du temps et de l'espace, de l'éternité du monde, des cieux, de la divinité et de la providence, du destin et du choix de ce qui dépend de nous, de l'âme, de la génération, la sensation et l'intellect.

Ces trois sections doctrinales sont précédées d'un chapitre ('Individuals', 9-48) consacré aux protagonistes de la philosophie péripatéticienne, à la découverte des œuvres d'Aristote à la fin de l'époque hellénistique, à l'exposé de la philosophie aristotélicienne transmis par Diogène Laërce, aux rapports entre philosophie et rhétorique, à la question de l'ordre à suivre dans la lectures des textes d'Aristote dans les écoles de philosophie et à la naissance des commentaires à ses œuvres.

Une brève introduction précède (1-7), accompagnée d'un tableau chronologique, dont le but est de donner un aperçu des philosophes péripatéticiens protagonistes du volume.

Les textes réunis dans ce recueil sont numérotés, à l'intérieur de chaque chapitre, avec les lettres de l'alphabet, précédées du numéro du chapitre (sur le modèle de 'The Hellenistic Philosophers' de Long et Sedley). Les renvois à ces textes dans les pages du commentaire qui suit chaque groupe de sources sont faits en reprenant cette numérotation.

Parmi les nombreux textes traduits et commentés par Sharples, je voudrais attirer l'attention, en particulier, sur la traduction de l'exposé de la philosophie d'Aristote de Diogène Laërce 5, 28-34 = 3A (voir aussi T. Dorandi, 'Diogène Laërce 'lecteur' d'Aristote', Elenchos 28, 2007, 435-446) et du 'Précis d'étique péripatéticienne' d'Arius Didyme (transmis par Stobée et connu sous le nom de 'Doxographie C' = 15A). Sont aussi particulièrement intéressants, en dépit de leur attribution douteuse à un auteur péripatéticien, les deux passages d'un certain Diogénianos (23 W-X) et les fragments de physique attribués à Arius Didyme par Diels (12A, 14G, 19C, 21C, 24M-N). En ce qui concerne Diogénianos, je continue à douter de son appartenance à l'école péripatéticienne et je préfère suivre ceux qui voient plutôt en lui un Épicurien (mais voir les remarques de 234).

Une bibliographie (276-288) ainsi que quatre index (des sources, des passages cités, des noms des auteurs anciens et un index général) suivent (289-309). Les index ont été préparés par Myrto Hatzimichali.

La bibliographie, soignée et bien informée, arrive jusqu'à 2008. Pour la bibliothèque d'Aristote (24-30. Textes 2A-I), il faudra aussi tenir compte de l'article de O. Primavesi, 'Ein Blick in den Stollen von Skepsis: vier Kapitel zur frühen Überlieferung des Corpus Aristotelicum', Philologus 151 (2007) 51-77.

Je n'ai qu'un regret à exprimer: l'absence des textes en langue originale. Cette absence empêche de profiter pleinement de ce volume et oblige le lecteur à se procurer lui-même les textes en bibliothèque s'il veut vérifier la traduction de l'un ou de l'autre passage ou comprendre quel(s) mot(s) grec(s) ou latin(s) se cache derrière la traduction anglaise. Ce qui est rendu plus difficile du fait que les éditons de référence ne sont pas toujours indiquées ou indiquées de manière incomplète.

D'autres volumes enrichiront et complèteront dans les années à venir la série des 'Cambridge Source Books in Post-Hellenistic Philosophy'. J'attends avec beaucoup d'impatience le(s) volume(s) sur le Platonisme d'époque impériale à lire en parallèle avec la monumentale série commencée par H. Dörrie et continuée par M. Baltes et les membres de son école 'Der Platonismus in der Antike' (1987-).

Il faut, pour le moment, remercier Sharples pour ce volume qui restera malheureusement avec l'édition des fragments du Péripatéticien Straton de Lampsaque (dans: M.-L. Desclos - W.W. Fortenbaugh, 'Strato of Lampsacus', New Brunswick - London 2011, 5-230) les deux derniers documents de sa formidable et inlassable production.

Tiziano Dorandi